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L’IEMAPS en phase avec l’actualité? Xavier Bertrand lance une grande enquête sur le Stress - 12 mars 2008 -

Tag: ActualitésAlain Ponelle @ 0:00

Xavier Bertrand veut une grande enquête pour mesurer le stress au travail

12 mars 18:19 - PARIS (AFP) -

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé mercredi le lancement d’une enquête nationale pour mesurer le stress au travail et identifier les secteurs touchés, soulignant le retard de la France vis-à-vis d’autres pays européens en matière de lutte contre ce mal.
Xavier Bertrand veut une grande enquête pour mesurer le stress au travail

Le ministre a aussi annoncé qu’une “veille épidémiologique” sur les suicides au travail, phénomène fortement médiatisé ces dernières années et récemment illustré par une série de suicides au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), serait lancée en 2009 et confiée à l’Institut national de veille sanitaire (Invs), en liaison avec les services de santé au travail et la Cnam (assurance maladie).

Lors d’une conférence de presse, il a également présenté une série de mesures pour lutter contre le stress au travail, s’appuyant sur un rapport commandé à deux experts, Philippe Nasse, statisticien et économiste, et Patrick Légeron, médecin psychiatre, à la suite d’une conférence entre le gouvernement et les partenaires sociaux en octobre 2007 sur les conditions de travail.

Ce rapport est “une première étape, qui marque une prise de conscience et une dynamique d’action”, a déclaré le ministre, qui fixe comme objectif que “d’ici deux ou trois an la France soit au niveau des pays européens qui apportent les meilleures réponses” en matière de lutte contre le stress.

Les partenaires sociaux doivent se réunir prochainement pour transposer en droit français un accord-cadre européen sur le stress, signé en 2004, a-t-il rappelé.

“Le stress au travail a un coût social et humain, mais aussi économique”, a souligné Xavier Bertrand: il est “évalué” par le Bureau international du travail à “3 à 4% du PIB” et un quart des arrêts de travail de 2 à 4 mois sont dus à des problèmes psycho-sociaux.

“Nous allons lancer une grande enquête” afin d’”identifier les secteurs et les branches où le stress est supérieur à la moyenne”, et dans lesquels pourraient ensuite être lancées des “négociations obligatoires” pour le “détecter” et le “prévenir”, a proposé le ministre.

L’enquête, dont la conception sera confiée à l’Insee, sera annuelle et basée sur des questionnaires “auto-administrés” croisant les conditions de travail du salarié et son état psychologique. Les premiers résultats seront connus en 2009, a-t-il souligné.

Pour les auteurs du rapport, la mise en place d’un “indicateur global” est un préalable à toute recherche des causes du stress et des actions à mener dans les entreprises, car les risques ne sont pas forcément identiques d’une entreprise à l’autre. “En France, on commence par chercher les causes, avant toute cartographie du problème”, ce qui réveille les antagonismes et bloque toute action, a expliqué Philippe Nasse.

Car deux visions s’opposent: l’une collective, souvent défendue par les syndicats, qui fait de l’environnement et de l’organisation du travail la cause principale du mal-être des salariés, et l’autre plus individuelle, qui a les faveurs des chefs d’entreprise, et prône une approche plus médicale et psychologique des causes du stress.

Pour Patrick Légeron, qui invite à combiner les deux approches, “cette controverse est dépassée depuis longtemps”.

Le rapport fait au total huit propositions, que le ministre va “soumettre à la prochaine conférence” sur les conditions de travail, prévue au printemps.

Il propose notamment de lancer des expériences pilotes sur le stress dans la Fonction publique, car l’Etat, “premier employeur de France”, doit “réhabiliter ce thème émergent, encore pas suffisamment affirmé comme un risque majeur”, selon M. Légeron.
© 2008 AFP